Le baromètre Superimmo.com du 1er avril 2026, construit à partir de 705 516 annonces diffusées dans 40 grandes agglomérations françaises, confirme une fragmentation profonde du marché résidentiel national. Tandis que plusieurs villes de taille intermédiaire affichent des hausses annuelles significatives, des marchés autrefois dynamiques comme Bordeaux et Rennes enregistrent des replis durables. En parallèle, les données du crédit immobilier publiées par Immobilier-danger.com indiquent un taux moyen de 3,23 % en mars 2026, dans un contexte où l'OAT 10 ans français frôle son plus haut depuis douze ans.
Le baromètre Superimmo.com est établi à partir des prix affichés par les vendeurs avant négociation, commissions d'agences incluses. Ces données représentent les prix demandés, non les prix effectivement transactés.
Un marché à deux vitesses : de 1 269 €/m² à Saint-Étienne à 10 687 €/m² à Paris
Au 1er avril 2026, Paris demeure de loin le marché le plus onéreux de France avec un prix médian de 10 687 €/m² pour les appartements. Nice suit à 6 023 €/m² et Annecy à 5 653 €/m², deux marchés portés par leur attractivité touristique et résidentielle supérieure à la moyenne nationale.
À l'autre extrémité du spectre, Saint-Étienne s'établit à 1 269 €/m², soit le niveau le plus bas parmi les 40 villes du panel. Mulhouse (1 554 €/m²) et Limoges (1 579 €/m²) complètent le bas de classement, reflétant des dynamiques démographiques et économiques structurellement moins favorables.
- Paris : 10 687 €/m²
- Nice : 6 023 €/m²
- Annecy : 5 653 €/m²
- Saint-Étienne : 1 269 €/m² (minimum national parmi les 40 villes)
- Mulhouse : 1 554 €/m²
- Limoges : 1 579 €/m²
Trajectoires annuelles : Metz en tête des hausses, Nîmes et Bordeaux en recul
Sur douze mois glissants, Metz enregistre la plus forte progression du panel avec +8,9 %. La capitale lorraine bénéficie de la proximité du Grand Est frontalier, d'une demande locative soutenue et d'un stock de logements anciens encore accessible. Brest suit à +6,0 %, portée par le dynamisme économique breton et la pression sur le parc résidentiel existant. Le Mans progresse de +4,2 % sur la période.
En sens inverse, Nîmes accuse le repli le plus marqué avec -4,3 % sur douze mois, devant Rennes à -4,2 % et Bordeaux à -3,5 %. La métropole girondine, dont les prix avaient fortement progressé entre 2015 et 2022, poursuit sa correction amorcée en 2023, sans que cette tendance ne dessine encore un plancher identifiable.
Sur le court terme (trois mois), Le Havre affiche la progression la plus nette à +2,2 %, suivie de Marseille à +2,0 %. À l'inverse, Mulhouse enregistre le repli trimestriel le plus significatif à -5,0 %, accentuant une tendance baissière déjà documentée sur douze mois.
Crédit immobilier : taux à 3,23 % en mars 2026, OAT à un plus haut de douze ans
Selon les données compilées par Immobilier-danger.com, le taux moyen des crédits immobiliers en France s'est établi à 3,23 % en mars 2026. La décomposition par durée indique : 3,04 % sur 15 ans, 3,21 % sur 20 ans et 3,27 % sur 25 ans. Ces niveaux se maintiennent en dessous des pics atteints en 2023-2024, mais restent significativement supérieurs à ceux observés entre 2019 et 2022.
L'OAT 10 ans français évolue autour de 3,65 %, un niveau qui constitue un plus haut depuis douze ans selon les données disponibles. Cette tension sur les taux souverains exerce une pression de fond sur les conditions de refinancement bancaire, et donc, par répercussion, sur les barèmes des taux de crédit immobilier à moyen terme.
Parallèlement, l'apport personnel moyen des emprunteurs a reculé de 3,2 % au premier trimestre 2026, après une baisse de 3,4 % en 2025. Ce mouvement peut indiquer soit un recours accru à l'endettement, soit une normalisation progressive des critères d'octroi après plusieurs trimestres de sélectivité renforcée.
Île-de-France : reprise des volumes, prix quasi stables
Sur la période novembre 2025-janvier 2026, l'Île-de-France a enregistré 28 860 ventes de logements anciens, soit une progression annuelle de +11 % tous types confondus. La ventilation par segment indique une dynamique plus marquée pour les appartements (+12 %) que pour les maisons individuelles (+7 %).
En revanche, les prix franciliens restent quasi stables : la variation annuelle globale s'établit à +0,3 %, avec des appartements à +0,8 % et des maisons à -0,9 %. Ce découplage entre la reprise volumique et la stagnation des prix traduit un marché en phase de rééquilibrage, où les acheteurs retrouvent du pouvoir de négociation après plusieurs années de tension.
Sur le marché locatif, l'Indice de Référence des Loyers (IRL) du premier trimestre 2026 s'établit à 146,60, soit une hausse annuelle de +0,78 %. Cette progression modérée, plafonnée par le mécanisme légal d'indexation, contraste avec les niveaux d'inflation généraux, offrant une protection relative aux locataires en place.
- 705 516 annonces analysées par Superimmo.com au 1er avril 2026, 40 grandes villes
- Metz : +8,9 % sur 12 mois ; Nîmes : -4,3 % sur 12 mois
- Taux de crédit moyen (mars 2026) : 3,23 % toutes durées confondues
- OAT 10 ans : environ 3,65 %, plus haut depuis 12 ans
- Île-de-France : +11 % de transactions sur un an, prix +0,3 %
- IRL T1 2026 : 146,60, soit +0,78 % sur un an
- Apport personnel moyen : -3,2 % au T1 2026
Le marché immobilier français d'avril 2026 se caractérise par une fragmentation inédite entre marchés locaux. La reprise des volumes en Île-de-France et la progression de villes comme Metz ou Brest coexistent avec des corrections durables dans des métropoles régionales autrefois prisées. Le niveau des taux de crédit, stabilisé mais toujours significatif, et la tension sur les taux souverains maintiennent une pression sur la capacité d'emprunt des ménages. Dans ce contexte, les prix affichés par les vendeurs, tels que mesurés par le baromètre Superimmo.com, ne reflètent pas nécessairement les prix effectivement transactés, dans un marché où la négociation reprend des droits.