Le groupe Altares a publié le 14 avril 2026 son étude sur les défaillances et sauvegardes d’entreprises en France pour le premier trimestre 2026. Celle-ci fait état de 18 986 procédures collectives ouvertes sur la période.
Les faits
Le nombre de défaillances s’établit à 18 986 au T1 2026, en hausse de 6,4 % par rapport au premier trimestre 2025. Sur 12 mois glissants, la sinistralité atteint un niveau record de 71 100 défaillances. Plus de 75 350 emplois sont menacés sur le trimestre.
Parmi les procédures, les redressements judiciaires progressent de 13,6 % (5 767), tandis que les liquidations judiciaires directes augmentent de 3,6 % (12 836). Les sauvegardes s’établissent à 383 (+2,7 %). Les microentreprises de moins de 3 salariés concentrent 75 % des procédures (14 311, +11,2 %).
Les PME de 20 à 99 salariés enregistrent une dégradation plus marquée (+12,1 %). À l’inverse, les structures de 100 salariés et plus voient leur nombre de défaillances reculer. Plusieurs secteurs sont particulièrement touchés : services aux entreprises (+11,7 %), services aux particuliers (+17 %), transport (+12,9 %) et agriculture (+23 %).
Analyse stratégique
Cette hausse intervient dans un contexte où les entreprises font face à des tensions persistantes sur leur trésorerie et à des retards de paiement. L’augmentation plus rapide des redressements judiciaires par rapport aux liquidations directes suggère que davantage d’entreprises tentent de préserver leur activité plutôt que de procéder à une fermeture immédiate.
La concentration des défaillances sur les plus petites structures met en évidence une fragilité structurelle des TPE et microentreprises, tandis que les entreprises de taille intermédiaire et supérieure semblent mieux résister. Cette polarisation reflète des capacités inégales à absorber les chocs de coûts et à accéder à des solutions de refinancement ou d’accompagnement.
Ce qu’il faut retenir
- 18 986 procédures collectives ouvertes au T1 2026 (+6,4 % sur un an)
- Sinistralité record à 71 100 défaillances sur 12 mois glissants
- Plus de 75 350 emplois menacés
- Hausse marquée des redressements judiciaires (+13,6 %)
- Concentration des défaillances sur les microentreprises et certaines PME
Impact sectoriel
Les services aux entreprises et aux particuliers, le transport et l’agriculture enregistrent les hausses les plus significatives. Le commerce de détail affiche une progression plus modérée (+3,7 %), tandis que la construction reste globalement stable. Ces disparités sectorielles soulignent une transmission inégale des pressions économiques au tissu productif français.
Dans un environnement marqué par une visibilité limitée, le recours accru aux procédures collectives et la forte exposition des plus petites entreprises appellent à une vigilance soutenue sur les dispositifs de prévention et d’accompagnement.